Exploration Hoggar novembre 2005

sur la piste 4x4

(d’après le carnet de voyage de Dominique Lepas)

[…] C’est à 17 h que nous arrivons à Tamanrasset. La réception est bien organisée. Bachir le boss de l’agence nous présente Miloud notre chef cuisinier, Adj Faudel, le chibani, guide 4X4 et chef d’expé, Nadgim le second chauffeur et Monsieur Otman, notre guide Touareg.
[…] deux heures de piste plus tard, nous atteignons l’endroit stratégique où commence l’aventure des Canyons saharienne, avant tout humaine. Tandis que se monte le campement, nous partons dans la nuit pour rejoindre le village de notre guide. Le faisceau des frontales entre dans l’intimité de sa zériba ; il est 20h 30, nous réveillons tout le monde. Otman nous présente sa famille et c’est assis sur le sable, en cercle, que nous buvons le thé de l’amitié et mangeons de la semoule au beurre de chèvre. Un délice. Nous offrons aux femmes les cadeaux préparés ; nous recevons des colliers (origine Niger). Le cœur emplis, nous repartons dans la nuit, vers notre camp, à 50 mn. Miloud a préparé un bon repas à base de légumes accompagnés d’un morceau de mouton. Il est tard, la nuit nous recouvre d’étoiles et je pars rapidement les rejoindre


(le 27.11.05)


Premier éveil dans le Hoggar. Il fait froid. A 6h30 nous prenons le petit déj […] Nous partons pour le Eghari Oua-n Tadalik (bien connue des Touaregs visité en 2004 par Bernard et Patrick). Le décor est sublime : au loin l’Illaman. Otman se réjouit de nous montrer son pays merveilleux. Belle balade dans une gorge granitique profonde. Les crues ont rempli de sable son lit où méandre un filet d’eau. Facile mais grandiose.

[…] Liaison 4×4 vers le sud par une piste très difficile

Eghari Oua Tenesmedja inf

Ouverture 27.11.05 : Lorraine Van Hoorne, Otman Amaghor, Bachir Djeribi, Dominique Lepas, Pascal Badin, J. Noël Herranz, P.Gimat

[…] Après 1h30 de marche d’approche, nous atteignons le plateau. Une faille s’ouvre devant nous. Patrick plante un spit pour rentrer dans le canyon. Otman descend son premier rappel. Bien plus fortes que les mots, les images de Jean Noël, notre photographe illustrent notre périple.

De retour au camp, le couscous de Miloud et le thé de Faudel sont nos récompenses de la journée.

d eretour au camp
Photo : J-N. Herrantz

Eghari Oua Taramast Sup (le 28.11.05 les mêmes)

5h30. Le feu réchauffe déjà nos amis touaregs. Nous nous préparons à une grosse journée. Un sublimissime canyon au final vertical nous attend. Le repérage de Patrick ne nous décevra pas. Mais commençons par 2h30 de marche d’approche. Je précise ; 2h30 touareg, car il nous faudra 6h pour enfin atteindre la tête* de l’oued : l’œil du mouflon. (Terme souvent associer à source en tamachek* : tiT). Mais revenons à nos mouflons (moutons). La progression dans une succession incroyable de chaos, est exigeante, surtout après 8h de marche.

16h30 ; grande verticale : 45m de gaz. Le rappel s’équipe. Othman a mis le shorty. Et oui, notre guide a échangé sa djellaba et son akerbay contre le néoprène, le chèche contre le casque. Dans le Hoggar les piscines sont rares, les nageurs encore plus. C’est donc un véritable exploit. Il accorde une confiance totale à Patrick qui le mouline et à Pascal qui le réceptionne en bas. Bachir le suit…
Mais ne traînons pas, il n’y a pas de temps à perdre, la nuit approche inexorablement. Dans 30 mn Touareg nous serons aux 4X4. Un léger doute me traverse l’esprit, je repense à l’approche. Effectivement, 2 heures plus tard une lumière dans la nuit nous indique le chemin. C’est Otman qui avait pris de l’avance. Il a repéré les phares des 4×4. Nous sommes sauvés […]

Ce soir je ne m’éterniserai pas au coin du feu, une brève toilette et la nuit me couvre de ses étoiles. Je crois que ce soir-là, record battu, j’en ai compté 2, des étoiles[…]

Eghari Oua El Xsor (Tassili du Hoggar)

30.11.05 L V Hoorne, D Lepas, P Badin, JN Herranz, P Gimat
[…] De fantastiques gravures rupestres de girafes et de buffles s’offrent à nos regards,  » hagards dans le Hoggar « , là, à même le sol, sans autre protection que leur isolement. Nous rentrons dans cette gorge hyper encaissée, déjà reconnu en partie par Patrick et estimée au moins à 5 km. Nos deux guides touaregs, Ahmed et Otman, sont nos anges gardiens : ils observent du haut des falaises les touristes fous, en combi! Elles sont appréciées ; l’eau est fraîche. Passages de nage jusqu’à 300m. La roche noire, le sable clair et l’herbe verte entre chaque bief, me donne une sensation étrange, celle d’être sur une autre planète et qu’un dinosaure peut surgir à tout moment. Nous émergeons d’une guelta profonde ; l’instant d’après nous marchons dans un désert sans eau en combi néoprène. Surréaliste ! Nos guides nous retrouvent à ce moment. Ils sourient en nous voyant. Se moqueraient-ils ?

Mais il nous faut penser à sortir de ce labyrinthe d’aiguilles à l’infini dans lesquelles serpente le canyon. Incertains et inquiets devant cet inconnu nous décidons d’emprunter un affluent pour sortir du Tassili. Nous suivons tous Ahmed. Tout à coup, il semble avoir reconnu un passage et sort de la gorge. 2h30 après avoir quitté El Xsor, les 4×4 nous apparaissent […]
[…] Le bivouac de ce soir se fera aux pieds des aiguilles de Tin Akacheker, là où le sable est plus fin que la poussière d’or. Derniers rayons du soleil sur les aiguilles. Je suis dans un rêve. Miloud a préparé la Taguella. Ce soir nous savourerons les 3 thés d’Otman qui nous abreuve de ses paroles et de ses histoires sur les caravanes du temps passé. […]